lundi 27 janvier 2014

"Papy V." (L'histoire inventée de Paul Voise 1930/2013)


Avril
J-2 du premier tour de l'élection présidentielle.
Une demi-rue pavillonnaire oubliée. Quartier des hautes tours.

Il n’avait plus toute sa tête.
Il était sorti sans ses dents.
Sa mâchoire inférieure lui faisait comme un col roulé.
Le visage en sang, il traînait derrière lui une forte odeur de brûlé. Au carrefour, à deux pas de la boulangerie où il venait parfois se fournir en croissants pour régaler ses amis, Papy V. comme on l’appelait dans le quartier, s’effondra tête la première dans un amas de sacs plastiques que les vents d'hiver avaient accumulés contre le châssis d’une moto abandonnée.

Papy V. s’était installé dans ce quartier le lendemain de sa mise à la retraite anticipée. Il y avait plus de vingt ans. Les raisons de ce choix ? La tranquillité du lieu, la transposition d’un souvenir paisible - Jean Gabin dans « Le jardinier d’Argenteuil » (bien que l’on soit dans l’Orléanais), et le coût surtout. Le coût incroyablement bas du mètre carré.
 À cette époque, tout n’était que roses à profusion, lilas, glycines et passiflores glissant sur des hectomètres de grilles peintes en vert – et débordant sauvages sur les trottoirs.

 Étroites et modestes, les maisons d’un étage étaient toutes semblables, sans exception. Murs en brique et en meulière soutenant un toit en ardoise. Elles se distinguaient les unes des autres par la couleur de leurs volets, leur nom, et la petite céramique ornementale noyée dans l’épaisseur du crépi qui surplombait l’imposte de leur porte d’entrée - papillons rouges, bleus, verts, jaunes, cigales, anémones, épis de blé, et oiseaux de toutes espèces…
 Remarquables aussi, les grincements des portillons en fer qui fermaient les minuscules jardins de façade - plaintes amoureuses, éperdues, lascives… provocantes ou discrètes, suivant l’apport en graisse appliqué sur leurs gonds par les propriétaires. 

(à suivre... dans mon prochain bouquin... très bientôt, foi d'animal!)

mercredi 22 janvier 2014

Clin d'oeil amical d'un ami à un ami: Renaud Séchan


Mais qui est Serge Cazenave - Sarkis ? Vous l'avez peut-être déjà vu à la télévision dans l'excellente émission sur Renaud "un jour un destin" http://www.youtube.com/watch?v=H-vu4KlVz7M ou dans le DVD Renaud "le rouge et le noir"http://www.youtube.com/watch?v=PySSKntCHG8

c'est ce gamin de 16 ans qui envahit La Sorbonne en mai 68 avec des potes (dont le futur Renaud) et qui a créé le Comité Gavroche durant cette époque. Après avoir fait du théâtre et de la chanson, il devient artisan d'art, et récemment s'est remis à écrire avec une sorte de frénésie contagieuse et réjouissante.

Tiré d'un article sur son bouquin: "Hirondelle ou martinet?"
http://www.editionsdelabatjour.com/pages/Hirondelle_ou_martinet_de_Serge_CazenaveSarkis-8624315.html


ci-dessous la vidéo
Renaud et Sarkis comité gavroche révolutionnaire.

http://www.wat.tv/video/renaud-gavroche-revolutionnaire-52ac3_4l3kd_.html

mardi 17 décembre 2013

Dernière critique: Les Embuscades d'Alcapone

Hirondelle ou martinet - Serge Cazenave-Sarkis

"A tous ceux qui m'ont inspiré ces dix-sept histoires et que je ne souhaite plus rencontrer."A lire cette dédicace piquante de Serge Cazenave-Sarkis, on devine d'emblée le ton que prendra ce recueil au goût acide : il y est question de mort, de suicide, de vengeance, de folie... Histoires improbables aux accents absurdes ou comico-tragiques, les nouvelles présentées dans Hirondelle ou martinet trahissent certaines de nos pensées inavouables. De petites mesquineries en frustrations contenues, de colères avortées en secrets de Polichinelle, les personnages de Serge Cazenave ont tous quelques velléités à assouvir ou quelques ironies du sort à subir. Qu'ils soient parents, amants ou voisins, les liens tissés entre les héros de ces quelques récits constituent autant de pièges insidieux que de situations cocasses : du frère félon à la grand-mère putain ou du mari assassin à l'aïeule vicieuse, on navigue de surprises en effarements. Le style est simple. Le format très court des nouvelles percute. Pas de bavardages ni fioritures, Serge Cazenave est concis : en quelques pages à peine pour chaque nouvelle (excepté pour Le Gonze, une nouvelle plus longue), il entraîne rapidement son lecteur en eaux troubles avant de le livrer à des dénouements souvent inattendus. C'est aussi agréable que déstabilisant. Personnellement, Masque brisé, Temps mort, Désordre et Des dents, des dents ! m'ont particulièrement marqué. Un chouette recueil en somme qui gagne à être lu autant pour son originalité que pour son anticonformisme !

Ce recueil est paru en 2013 aux éditions de l'Abat-jour, une petite maison sympa dont la vocation est de faire connaître de nouveaux auteurs aux talents prometteurs. Vous noterez que l'ouvrage est disponible à l'achat au format papier ou électronique sur le site de l'éditeur. Un entretien de l'auteur avec Marianne Desroziers (Le Pandémonium littéraire) est également en ligne sur le site de l'Abat-jour dont j'avais déjà lu le premier roman paru :Tuer le temps de Nimzovitch.

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Table des matières

- Madame Jacquet
- Montclair
- Hirondelle ou martinet ?
- Les courses
- Caresses
- Masque brisé
- Sans répit
- J'avais...
- Le Gonze
- Pour planter un mort
- Une lettre
- Le pignon désaccordé
- Hors de question
- Temps mort
- Le pyjama
- Désordre
- Des dents, des dents !

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Titre : Hirondelle ou martinet
Auteur : Serge Cazenave-Sarkis
Éditeur : L'Abat-Jour
Date de parution : Juillet 2013
Nombre de pages : 123 p.
ISBN : 979-10-90106-09-3
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