Recueils de nouvelles

HISTOIRES DU TOUT VENANT.

SERGE CAZENAVE-SARKIS

Aux éditions BOZON2X
Recueil de nouvelles:
2018 "EMBRASSADES ET SIMAGREES"

Aux éditions de l'Abat-Jour
http://editionsdelabatjour.com/
Recueils de nouvelles:
2013 "HIRONDELLE OU MARTINET?"
2014 "AMIS IMPARFAITS"
2015 "AVANT TERME"
2016 "SANS PARTAGE"

À l'Atelier d'images - Patrice Goré:
Notes illustrées. 2009.

Donneur de voix à: "Je lis pour toi" - Ligue Braille Belgique.

Ouvrages collectifs:
Milan éditions - Mikado.
Jacques Flament éditions.
Past'elles éditions.
Revue L'Ampoule.
Revue Rue Saint Ambroise.
Revue Squeeze
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mardi 12 juillet 2016

Premières réactions pour "Sans partage"




L’auteur a un grand talent pour mettre en scène ses personnages et raconter ces histoires insolites qu’on a plaisir à lire et relire. Au fil de sa plume, l’étrange devient vraisemblable et on se laisse embarquer sans résister sur les chemins ombragés de son imaginaire.

Serge Cabrol


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Sylvain Barnette
merci pour ce super moment de lecture. Vous avez un univers bien particulier, ancré à la fois dans le réel et la folie, dans l'urbain crasse, sordide, et la démence généralisée qui sommeille dans chaque individu.... et parfois déborde. C'est cru, prenant, c'est la banalité de l'hystérie collective qui ne prend pas l'aspect d'une foule paniquée et incontrôlable mais celle plus sournoise de la folie ordinaire où quand le cerveau de tout un chacun, moutons travailleurs et consommateurs, débloque, déraille et nous emporte dans le sang et la mort. Merci encore et félicitation pour vos ouvrages (j'ai enchaîné amis imparfaits et sans partage)


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Marie Chevalier à 
· 
je le répéterai jamais assez j'ai terminé "sans partage"
Je connaissais un peu de quoi était capable Serge quand il commence à nous raconter des histoires mais là il a fait très fort.
Cela débute par une grande nouvelle ou un petit roman et le tout agrémenté 5 nouvelles complètement déjantées.
Du pur Cazenave-Sarkis tout en émotion et surtout toujours avec ce côté adolescent candide que j’aime beaucoup. 
A lire sans modération

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Michèle Bufferne Pour moi, tes livres sont toujours trop courts.


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Marie Christine Drigeard Comme j'hésite à le qualifier de jouissif,  je vais donc employer d'autres termes pour essayer d'en définir le style et l'atmosphère qui s'en dégage : " Décoiffant ", hilarant, pesant, haletant, détonnant...( ce sont ceux qui me viennent spontanément ! mais j'en oublie sûrement )
Bref ! Le talent pour un vrai bon moment.


Marie Christine Drigeard Et je l'A lu d'une traite, évidemment !


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Annick Gore Perso, j'en redemande!

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Patrice Goré à 


Il est très beau, ton livre, très prenant.

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lundi 4 juillet 2016

Six extraits de "Sans partage"

premier extrait de "Sans partage"
http://fr.calameo.com/read/00067668339e67b6c1532

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-2-
Extrait de la nouvelle « Juste la vie », figurant dans le recueil à paraître le 16 juin prochain :
« Ils sont rentrés sans frapper, la porte n’était pas fermée. Pourquoi l’aurait-elle été ? Nous étions à table, Brigitte et moi. Nous n’avons pas d’enfant. Je n’ai rien compris. En trois secondes : ils ont pris le chien, ont ouvert l’insert et l’ont jeté dans les braises. Mon épouse a à peine eu le temps de crier. Sa mâchoire inférieure a disparu au fond de sa gorge. Je n’ai rien vu venir. J’ai seulement vu son sang gicler dans mon assiette. Aussitôt j’ai saisi un couteau et me le suis planté dans la main gauche. Ne me demandez pas pourquoi — peut-être pour leur montrer que je pouvais faire pire qu’eux… qu’ils ne m’intimidaient pas. J’entends encore leurs rires. Ils ont pris celui de ma femme et me l’ont planté dans la main droite. Immobilisé, je me suis retrouvé comme crucifié sur la vieille table en pin de la cuisine. Ça m’a sauvé la vie. Juste la vie. »

-3-
Extrait de la nouvelle « Amnios » :
« L’amour qu’il portait à sa femme était si fort que lorsqu’elle mourut prématurément, suite à un accident domestique, il prit sur-le-champ la décision de se faire tatouer sur le nombril le regard tant aimé. En homme de l’art qui en avait vu d’autres, prenant modèle sur la photo que l’endeuillé m’avait apportée, sans poser de question, avec soin, durant des heures je m’exécutai. Jamais je n’avais opéré de tatouage aussi fin… ni connu de patient aussi exigeant. « Pas assez dorée la collerette de l’iris, et l’iris trop vert ! Plus noire encore la pupille… et bien plus blanche la sclérotique, et nacre la caroncule, pas parme, nacre !… et l’iris encore !… Oubliez la ville et les pelouses des squares. Non !… Pensez aux rivières, à l’endroit magique qui se situe entre la rive et le premier courant… où les alevins s’enhardissent sans craindre d’être emportés… où l’eau hésite à prendre le large. Se joue de l’onde. Jusqu’à, se lovant, oser un mouvement vers l’amont. Comme pour laisser croire aux racines des saules avec quelle facilité elle pourrait, si elle le désirait, s’affranchir de l’attraction terrestre et priver ainsi de son flot les intempérants et inassouvis estuaires… » Et le veuf en paroles discontinues de s’étendre, lyrique, sur la beauté et les qualités innombrables de la défunte… »

-4-
Extrait de la nouvelle « Personne à retrouver » :
« Dévasté, pareil à une planche pourrie cent fois repeinte, j’étais debout sur le parapet du viaduc de Saint-Satur, à deux doigts de me jeter dans le vide, quand — moi qui n’avais jamais cru en rien — une pensée me traversa l’esprit : « Au ciel, qu’aurai-je à y faire ?… Personne à retrouver ! » Ce fut immédiat : demi-tour ! Foutu pour foutu, c’était décidé, j’allais vivre la mort de mon vivant. Et puis, dans le ciel, les âmes tassées contre les constellations et les galaxies, il y en avait tant ! Je n’allais pas, pour un tourment de trop, me rendre complice de l’accélération de l’expansion de l’univers en y ajoutant la mienne… Face à l’étroitesse du néant déjà bien encombré, je pris la sage résolution de mourir à petit feu. Comme les étoiles ! »

-5-
Extrait de la nouvelle « Aumône » :
« Des mois que planait au-dessus de ma tête un ciel de tronche, avec promesse de grand frais force 7 sur l’échelle de Beaufort… Joël avait réussi à piquer une bouteille de Jack Daniel’s chez le petit Arabe. Ce devait être en réalité du Johnnie Walker, ou du Grant’s. Je viens de lire Bukowski… Jack Daniel’s, ça sonne mieux… Je n’aime pas beaucoup… pas le Jack Daniel’s, non, Bukowski… enfin si, un peu… obligé… je ne voudrais pas passer pour un con… Il avait largement de quoi se la payer mais il avait choisi de la voler. Peut-être pour ne pas me faire sentir qu’il avait de la thune et moi pas… En y réfléchissant, il me semble que lorsqu’il avait sorti la bouteille de dessous son blouson, elle était enveloppée… Quand on vole quelque chose, il est rare qu’on nous l’emballe ! Pas vrai ?… »

-6-